Mardi 25 août 2009

Les vacances prennent fin mais les égos de certains « lieutenants » socialistes se portent à merveille. Résumons, Vincent Peillon enfile le costume de 1er Secrétaire du PS qu’il n’est pas, afin de relancer la question de l’alliance avec le MODEM, quand Arnaud Montebourg se permet de menacer de quitter le PS si son projet de « primaires ouvertes » ne voit pas rapidement le jour. Alors certes ne comparons pas ces deux « poids lourds » du PS puisque Arnaud Montebourg a été mandaté par Martine Aubry en vue de l’examen de cette question des primaires, alors que Vincent Peillon se permet de négocier avec le MODEM une alliance politique sans disposer de la moindre légitimité pour le faire.

 

Arnaud Montebourg n’est pas critiquable au titre de son travail en faveur des primaires ouvertes, mais plutôt en raison du chantage à la démission qu’il ajoute en guise de conclusion. Menacer de démissionner en cas de rejet du projet de primaires ouvertes ou en cas de mise en œuvre tardive de ce mode de désignation, constitue véritablement un acte irrespectueux à l’égard des adhérents du PS, seuls habilités à voter en faveur de ce changement statutaire majeur. Ayons le courage de répondre à Arnaud Montebourg que les adhérents socialistes se prononceront librement sur cette question en dépit du risque de démission le concernant; nul ne saurait être considéré comme étant irremplaçable dans une organisation partisane. 

 

Concernant l’initiative douteuse de Vincent Peillon relative à la question de nos alliances électorales et en dépit du respect voire de l’admiration intellectuelle que j’éprouve à l’égard de ce dernier, j’aimerais qualifier cette dernière de manœuvre politicienne douteuse et potentiellement destructrice.

 

Vincent Peillon ne doit pas méconnaître les statuts du Parti Socialiste qui disposent que les questions stratégiques majeures comme la thématique des alliances électorales sont examinées et soumises au vote des militants lors de « congrès ». A ce sujet, la question d’une éventuelle alliance politique et électorale avec le MODEM a été rejetée par 71 % des adhérents socialistes (motions A, C et D) lors du Congrès de Reims de novembre 2008. En conséquence, cette hypothèse est statutairement enterrée jusqu’au prochain congrès du Printemps 2011.

 

Au niveau de notre Fédération du Val-de-Marne, je crois pouvoir affirmer sans trop prendre de risques que la désastreuse expérience de gestion municipale commune PS-MODEM de Chennevières-sur-Marne ne saurait favoriser une quelconque ouverture à l’égard du MODEM du Val-de-Marne.

 

Quant à la situation du conseil municipal de Champigny-sur-Marne, je réaffirme sans ambiguïté le constat que le groupe MODEM se qualifie « d’opposition municipale » alors que le groupe socialiste se revendique fièrement comme membre de la « majorité municipale » PCF-PS-PG. En tant que Secrétaire de Section de Champigny-sur-Marne, je me suis suffisamment exprimé sur le site internet du MODEM de Champigny afin de réitérer ma ferme opposition à toute alliance locale PS-MODEM. M. Laurent JEANNE sait à quoi s’en tenir au sujet des socialistes de Champigny-sur-Marne.

 

Mais je tiens à examiner à nouveau cette question des alliances politiques sur le fond. Nul n’ignore que les partenaires d’une alliance politique conservent leur identité ainsi que leurs spécificités. La question réellement posée se résumerait plutôt au fait de savoir si nos convergences sont plus substantielles que nos divergences.

 

A ce sujet, nul ne rejette le fait que nos points de convergence à l’égard des Verts sont plus nombreux que nos facteurs de divergence. Méfions-nous néanmoins de l’opposition idéologique systématique des Verts à l’encontre de l’énergie nucléaire. Nulle énergie propre ne procurera 78 % de l’énergie consommée dans notre pays comme le réalise actuellement le mode de production nucléaire. Nous pouvons néanmoins nous retrouver avec Les Verts sur le soutien public massif à assurer aux biotechnologies. Les Français ne s’y trompent d’ailleurs pas puisqu’ils privilégient d’abord une entente PS-Europe Ecologie à 64 %.

 

Néanmoins, l’opinion publique s’étonnera de la volonté manifeste de Daniel Cohn-Bendit de « tailler les socialistes » lors des Régionales de 2010 pour ensuite nous rejoindre amicalement en vue des Présidentielles de 2012…Cherchez donc une quelconque cohérence politique dans ce choix saugrenu. Compte-tenu du fait que Les Verts sont membres des majorités politiques sortantes des 20 régions gérées par le PS, cela signifie logiquement que « Danny » se désolidarise  des délibérations adoptées par les groupes régionaux des Verts…Je crois que Daniel Cohn-Bendit devrait se méfier de sa propre euphorie « européenne » et se rappeler sagement que les Français votent différemment en fonction de l’importance qu’ils accordent à chaque scrutin.

 

Avec le Parti Communiste nous partageons sans nul doute plus d’objectifs politiques que nous ne constatons de divergences. Nous nous retrouvons fondamentalement sur le rejet de la fatalité des inégalités sociales. Nous n’acceptons pas que le capitalisme puisse occasionner tant de ‘dommages sociaux collatéraux » et nous partageons la volonté de maintenir des services publics conséquents. Enfin, nous défendons ensemble la progressivité de l’impôt. Le Parti Socialiste peut réellement trouver des points d’accord avec des analyses économiques, sociales et écologiques du mouvement alter-mondialiste (ex : ATTAC).

 

Ainsi et avant même le Modem, les français interrogés préfèrent une alliance PS-gauche antilibérale (NPA, PCF, etc.), comme les sympathisants de gauche (62 %) et ceux du PS (60 %). Acceptons néanmoins d’affirmer que nous avons peu de chances de trouver un accord avec le NPA.

 

Venons en au cas du MODEM. Premier constat, la très grande majorité des cadres politiques du MODEM se caractérisent par des parcours militants et d’élus « à droite ». On y trouve un fonds idéologique ancré dans la démocratie chrétienne ainsi qu’une lecture économique favorable aux « politiques de l’offre ». Ainsi, nous attendons toujours que le MODEM se prononce clairement en faveur du sacro-saint principe de gauche de « progressivité de l’impôt ».

 

Il serait intéressant de retrouver les déclarations politiques de la « giscardienne » Marielle de Sarnez lors de la mandature Jospin 1997-2002. François BAYROU et Marielle de Sarnez ont-ils soutenu à l’époque les 35 heures ? Permettez-moi d’exprimer des doutes à ce sujet. Les jeunes Bayrou et De Sarnez ont-ils souri le soir de l’élection de François Mitterrand en 1981 ? Les doutes m’assaillent…En matière économique et sociale j’affirme que le MODEM appartient plus que jamais à la grande famille de droite comme le démontre la teneur des échanges entre adhérents du MODEM disponible sur le lien suivant :

http://bayrou-modem.exprimetoi.net/programme-du-modem-boite-a-idees-f65/ultraliberalisation-du-travail-baisse-des-salaires-t2542.htm

 

Il me semble néanmoins difficile pour François BAYROU de ne pas verser dans un anti-sarkozysme systématique quand les 4/5 des cadres du MODEM ont rejoint le parti du « Nouveau Centre » en 2007…Un MODEM menacé de disparition, disposant de trois députés à l’Assemblée Nationale, et laminé lors des dernières élections européennes, n’a alors plus d’autres choix que de rejoindre la majorité UMP et dans ce cas de disparaître, ou bien de quémander la bienveillance politique du PS en se contentant de demander une modification du mode de scrutin à l’Assemblée Nationale en cas de victoire de la nouvelle coalition électorale.

 

Et c’est là où Vincent PEILLON concède ce souhait d’instauration du mode de scrutin à la proportionnelle alors que le PS dispose pourtant d’une sur-représentation à l’Assemblée Nationale due au scrutin majoritaire à deux tours…Curieux désir de diminuer l’importance de son propre parti…

 

Alors en dépit de ces profondes divergences économiques et sociales constatées entre les deux partis, peut-on noter des points de convergence entre le PS et le MODEM dans d’autres domaines de la vie nationale ? Une vision commune de la réforme des institutions de la Ve République ? Cela reste à prouver…Une vision partagée de la politique de l’immigration ? Cela reste à clarifier…Une vision commune et ambitieuse de la place des services publics ? Peut-être à condition que le MODEM puisse l’inscrire dans son objectif obsessionnel de diminution de la dette publique…Un projet écologique commun ? Probablement mais dans une moindre mesure que ce nous partageons avec les Verts.

 

Mais pourquoi diable le PS devrait-il établir des concessions électorales à l’attention d’un MODEM à l’agonie ? Pour adoucir nos préconisations économiques et sociales ? Pour mettre en place un mode de scrutin proportionnel qui rendra ingouvernable une majorité politique parlementaire à l’image des gouvernements de quelques jours de la IVe République ? Pour provoquer l’implosion du PS et la recomposition de la gauche en faveur de deux blocs « Aile gauche du PS – Parti de Gauche – PCF – NPA – altermondialites » et « aile droite du PS – Modem – Verts ». L’existence de ces deux blocs politiques symboliserait ainsi l’impossibilité de gagner une élection présidentielle face à une Droite unie.

 

Ce que nous savons localement du MODEM a tristement été observé au sein du Conseil Municipal de Chennevières-sur-Marne de 2008 à 2009, période pendant laquelle le soi-disant allié MODEM du maire PS a empêché le vote du budget communal. Le groupe MODEM de Chennevières-sur-Marne ne s’est pas économisé dans des tractations politiciennes de bas étage pour au final provoquer l’échec du maire socialiste Alexandre MINEO. Depuis, la mairie de Chennevières-sur-Marne a été reconquise par l’UMP…

 

Je conclurai sur ce sondage Viavoice (1), qui met en évidence que 42% (contre 52% qui y sont opposés) des Français souhaitent une alliance PS-Modem. Les sympathisants de gauche (échantillon de 531 personnes) la rejettent à 53 %.

 

Enterrons définitivement l’hypothèse MODEM avant que cette dernièr ne provoque l’implosion du Parti Socialiste.


A titre d'illustration de mes propos sur le MODEM, je tiens à publier l'avis de Martin Sculz, Président du groupe socialiste au parlement européen de Strasbourg : 

" A la maison, il parle comme Karl Marx en exil, mais à Bruxelles, il est avec des sauvages néolibéraux " (à propos de François Bayrou) 

 

 

 

 

Par PhilippeFrank - Publié dans : parti socialiste - Communauté : Les blogs socialistes
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