François Fillon s'est félicité que la Droite "ait gagné la bataille idéologique" face à une gauche
"qui refuse la réalité" du libéralisme. "Depuis un an, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, la France est en train d'accomplir une mutation culturelle (...). Nous sortons du relativisme culturel
et moral que la gauche française des années 80 avait diffusé dans le pays".
François Fillon s'est également félicité d'avoir "réintroduit des vertus qui avaient été négligées, parfois même ridiculiséés : la réussite, le respect et la
responsabilité".
Que répondre à François Fillon devant l'imbécilité de sa déclaration ?
Lui demander si les bonnes valeurs culturelles consistent en le fait d'accueillir chaleureusement des dictateurs comme Khadhafi et le Président Syrien ? Lui demander si les bonnes valeurs
culturelles consistent à imposer à chaque préfecture des quotas de reconduites à la frontière ? Lui demander si la mutation culturelle souhaitée consiste à réduire les impôts des plus riches et à
accentuer la précarité dans notre pays ?
Faut-il inviter François Fillon à relire les manuels de libéralisme car, en effet, la création de taxes supplémentaires pour compenser la suppression de la publicité ne figure pas dans les
préceptes du libéralisme économique ?
Qu'entend François Fillon par "sortir du relativisme culturel et morale de la gauche française ? Entend-il critiquer l'abolition de la peine de mort
ou la création du PACS ?! Accuse-t-il les acquis sociaux d'une Gauche coupable d'avoir osé le vote de la retraite à 60 ans, les 39 puis 35 heures, la 5e semaine de congés payés ? Ce
relativisme culturel de gauche est-il celui coupable de l'effronterie consistant à protéger le Code du Travail ? La Gauche est-elle coupable de désirer un pays où l'on puisse avoir d'autres
centres d'intérêt que de passer sa vie au travail ?
Le relativisme de gauche est-il coupable d'avoir défendu l'indépendance diplomatique et militaire de la France quand Sarkozy lui préfère une soumission de notre pays
à l'Amérique de Bush ?!
Il pourrait être utile de rappeler à François Fillon quelle est la nature institutionnelle des régimes politiques qui prennent soin de la diffusion propagandiste d'une définition unilatérale de
ce qu'est "la bonne culture"...
Enfin plutôt que de s'égarer dans une démarche incertaine de définition de la culture et de la morale souhaitables,
François FILLON devrait plutôt s'interroger sur l'étude qui a mis en évidence un moral de la population au plus bas niveau depuis 30 ans. Manifestement la politique injuste et inefficace de son
gouvernement éprouve des difficultés à convaincre une population confrontée aux fins de mois difficiles.